Le bonheur d’après moi

Article : Le bonheur d’après moi
20 mars 2014

Le bonheur d’après moi

20 mars, journée internationale du bonheur dit-on. Et bien, voyez-vous, je ne connaissais  que la journée de la francophonie. Quant à l’autre journée, issue d’une résolution récente de l’ONU, c’est en lisant un journal que je l’ai découverte. Comment vous sentez vous aujourd’hui ? Content, déprimé, ou triste ? Messieurs et dames, l’ONU vous invite à promouvoir le sentiment de bonheur aujourd’hui.

L’idée de promouvoir le bonheur, elle n’est pas si mauvaise dans le monde d’aujourd’hui où les peines quotidiennes nous font perdre la joie de vivre, l’habitude de se sentir bien dans sa peau. C’est une journée qui gagne un intérêt particulier cette année puisqu’elle coïncide avec la tendance du moment : le phénomène « happy », l’appel à la joie de vivre impulsé par la chanson à succès de l’américain Pharell Williams.

Mais en fait, que faut-il mettre dans le mot bonheur ? Avec les disparités socio-économiques dans le monde, la question s’impose. La notion de bonheur varie d’un environnement à un autre, d’une classe sociale à une autre, d’un pays à un autre. Une chose est sûre, là où beaucoup vivent avec moins d’un dollar (500 F CFA) par jour le bonheur n’est pas vu de la même manière qu’ailleurs. Beaucoup ont tendance à le réduire à sa sphère matérielle. Ils assimilent le bonheur au fait de disposer de moyens en abondance. J’estime que cela ne correspond qu’à une partie de l’image du bonheur. Si le bonheur en lui-même ne se limitait qu’à l’élément matériel, je me demande si le mot existerait dans certaines parties du monde. Heureusement, ce n’est pas le cas puisqu’il doit être appréhendé dans un sens plus large.

Bien plus que la richesse matérielle, il s’agit d’une façon de vivre, d’un plaisir intérieur qu’on peut tirer de gestes simples. Comme cette sensation que j’ai eu un jour où j’ai arraché le sourire à un petit enfant démuni de mon quartier en lui remettant un de mes vieux livres du cours primaire. L’abbé Pierre disait : « Un sourire coute moins cher que l’électricité, mais il donne autant de lumière ».

Par un geste anodin, j’avais eu l’impression de faire le bonheur d’autrui. Peut-être direz-vous que cette notion de la chose est minimaliste parce que l’on aspire toujours au meilleur dans sa vie. Ce n’est pas faux, mais il faut admettre qu’une vie sans problèmes n’existe pas et que par conséquent il nous faut être reconnaissants pour chaque jour que l’on vit. Car tant que l’on vit on peut toujours garder espoir.

Malgré tout, j’aimerais demander à messieurs les fonctionnaires de l’ONU si les Togolais sont aussi concernés par cette journée, ces pauvres Togolais que l’ONU a classés selon d’étranges statistiques comme les plus tristes au monde.

En tout cas, le Togolais que je suis a aussi droit au bonheur comme tout être humain sur Terre et je ne vois pas en quoi le Togo serait plus difficile à vivre que d’autres pays sur la planète. Les intellos de l’ONU devraient savoir que le bonheur est relatif. D’ailleurs plutôt que de perdre du temps à savoir qui dans le monde est le plus triste ou non, ils gagneraient mieux à aider les hommes victimes de conflits dans le monde à retrouver une raison de vivre.

Parlant de conflits, il faut dire que cette fameuse journée du bonheur n’est sûrement que futilité dans un pays comme la Centrafrique, la Somalie ou la Syrie. Difficile de donner un sens au bonheur quand on doit laisser derrière ses proches aux corps décapités pour fuir la barbarie, ou vivre chaque jour dans la terreur avec le cliquetis des armes et le grondement des roquettes. Dans de telles situations, le bonheur est une chose lointaine qui a quitté les hommes. Dans ces zones de conflit, c’est devenu quelque chose de plus que secondaire parce que le monde s’est transformé en enfer.

 Là bas, ce qui pourrait être le bonheur des hommes n’est rien de grand. C’est une chose tellement simple, mais inaccessible face à la persistance du conflit. Il s’agit tout simplement de trouver la paix pour un nouveau départ, pour reprendre le cours normal de la vie là où on l’a laissé et tenter de reconstruire une vie brisée par la haine et la violence.

Parce que tous les hommes n’ont pas la chance de vivre dans la paix, il serait égoïste en cette journée du 20 mars de s’en tenir uniquement à son humeur sans se rappeler qu’il y a tant de personnes qui ont de moins en moins de raisons d’être heureux. Le 20 mars doit être l’occasion pour nous de voir le bonheur comme un droit et faire un effort chacun selon ses moyens pour que ce monde soit meilleur à défaut d’être parfait.

Pour Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU : « Chacun peut avoir sa conception du bonheur, mais personne ne saurait contester qu’il signifie faire cesser les conflits et mettre fin à la pauvreté et aux autres conditions déplorables dans lesquelles tant de nos semblables vivent. »

Il ne devrait pas s’agir seulement d’un jour d’expression béate de bonnes émotions, mais d’un jour d’actions pour le bonheur des hommes. Par actions j’entends non pas des actes extraordinaires, mais des actes qui ne coûtent absolument rien et dont on n’a pas toujours le réflexe comme le fait de partager son pain avec celui qui a faim, ou d’offrir un peu de ce qu’on a à celui qui est dans le besoin.

Pour ceux des pays en guerre, pour les frères de Somalie, de la Centrafrique, de la Syrie une pensée m’anime en ce jour et je prie pour un retour à une vie normale. Je prie pour que tous les hommes se sentent heureux… comme ces Togolais (voir vidéo).

we are happy from lome

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Commentaires

Nelson
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Je crois que le bonheur ne se trouve pas forcement dans les biens matériels, c juste un état d'esprit.Et je le dis toujours, qu'il ne faut jamais chercher le bonheur dans le futur ou hors de nous même, il est dans le présent et enfoui au plus profond de nous même.

Eli
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Cher Nelson, je vois qu'on se rejoint sur une chose, c'est que le bonheur ne doit pas toujours être vu au sens matériel. C'est un sentiment profond qui dépend de bien d'autres choses.

Edem
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intéressant, j'adhère

otibou
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le 20 mars c aussi la journée de la santé busso-dentaire eli.

eli
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bucco dentaire tu veux dire otibou? Merci de me l'apprendre. Une date,autant de journées mondiales alors.