Au Togo, les nouveaux escrocs sont de faux recruteurs

 

Au Togo, les nouveaux escrocs sont de faux recruteurs. En cette fête du travail, du premier mai, il y aura du boucan à Lomé ce matin. On le sait bien. Le premier mai à la togolaise sera fêté comme il se doit. En tout cas les patrons ont intérêt hein ! Parce que les employés peuvent tout pardonner à leur chef sauf lésiner sur les moyens en ce jour. C’est de bonne guerre.

Comment passer à côté de la seule occasion pour tout un personnel de décompresser, et même pour certains de danser jusqu’à fatiguer, boire jusqu’à la lie ? Figurez-vous que moi je me suis toujours senti attristé du fait qu’on ne s’intéresse qu’aux travailleurs dans cette ambiance festive.
Et les chômeurs dans tout ça? Ils sont la proie de faux recruteurs, ces nouveaux escrocs. Ce sont pourtant eux les oubliés du droit au travail célébré le 1er mai. Eh bien ! La charité ordonnée commence par ce blog, dont je braque aujourd’hui les projecteurs sur le vécu d’un alter ego, qui dans les méandres du chômage a connu la cruauté de l’escroquerie.

Credit image: rmsnews.com

L’exemple du jeune diplômé Constant

Fraîchement sorti de ses brillantes études en comptabilité à l’université de Lomé, Constant s’est lancé avec beaucoup d’espoir dans la chasse à l’emploi. Mais à force de multiplier sans résultat les tentatives le gars a commencé à s’essouffler. Il lui a fallu des revers successifs dans ses démarches pour se persuader que dans ce pays il n’y avait pas de place pour l’emploi de ses rêves.

Peut-être lui fallait-il en dernier recours répondre aux sirènes de l’entreprenariat dont les atouts sont claironnés depuis un moment à la jeunesse désœuvrée. A voir la panoplie de jeunes diplômés qui mordent la poussière comme lui et échouent dans les bureaux à se faire recruter il n’y croyait vraiment plus, jusqu’au jour où il tombe sur une information en pleine période pascale. Religieux de la première heure, mon ami était sûr que la coïncidence de cette nouvelle opportunité avec le temps de Pâques ne pouvait jamais, au grand jamais, être le fruit d’un hasard.

« Tchalé* viens voir ça ! Mon Dieu ne dort pas hein !», m’avait-il lancé en me montrant l’offre d’emploi reçue sur son Whatsapp. J’avoue qu’à la découverte de l’annonce j’ai salivé. Il s’agissait d’un recrutement à un poste de comptable avec à la clé un salaire plutôt intéressant. Tel un illuminé il se croyait déjà en présence d’un signe, de la réponse à ses incessantes prières, du résultat des nuits passées à égrener son chapelet. Il décide alors de tenter le coup. J’étais moi-même impressionné de voir que l’évolution des choses semblait lui donnait raison.

Un entretien où Constant découvre le pot-aux-roses

Présélectionné, il sera invité à passer un entretien au cours duquel il fait forte impression devant son interlocuteur. En recevant des jours plus tard un message d’invitation du recruteur , il pouvait voir se profiler le bout de tunnel. Cette fois ça y est, c’est dans la poche!

Au moment de retourner dans les locaux du recruteur, Constant était agréablement méconnaissable. Il était sur son 31, tout élégant dans son costume clinquant. Blague à part, le mec était tellement sapé qu’il aurait pu voler la vedette à Brad Pitt ou George Clooney. Désormais certain de tenir enfin ce boulot qui l’avait toujours fui il arrive pile à l’heure et s’installe avec le sourire aux lèvres. Mais la joie n’aura été que de courte durée. Son état d’esprit bascule, son visage souriant se crispe subitement quand le fameux recruteur prend la parole.

Ce qu’il entendait était au-delà de tous les scénarios qu’il aurait pu s’imaginer. Ce que débitait ce monsieur lui sortait par les oreilles. Ce dernier affirme que Constant serait en ballottage avec d’autres candidats et qu’il devrait débourser la somme de 50.000 francs pour suivre une formation destinée à départager les candidats. C’était là une plaisanterie de mauvais gout qui le faisait déchanter.

S’agissait-il d’une offre de formation ou d’une offre d’emploi ? Il ne comprenait plus rien. Jamais à aucun stade du recrutement un employeur digne de ce nom ne pouvait exiger des frais aux candidats. Toute la vérité lui saute alors à la figure. Celui à qui il avait à faire n’était ni plus ni moins qu’un escroc sans vergogne. « C’est quoi ce cirque ? » Pesta-t-il tout furieux d’avoir perdu son temps.

Il prend alors son sac et sort par la porte qu’il claqua derrière lui de toute sa force. Il avait connu bien d’expériences dans son parcours, mais ce qu’il expérimentait-là était bien dur à supporter. Constant venait de prendre un coup de plus, un coup de trop.

De nouveaux escrocs : les faux recruteurs

A vrai dire une telle expérience n’est pas isolée. Le chômage monte en flèche et avec lui  une nouvelle race d’escrocs : les faux recruteurs. Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, l’accroissement des demandes d’emploi semble devenir une « opportunité d’affaires » pour des gens véreux. Dans votre boite mail ou sur Whatsapp vous êtes peut être déjà tombé sur une information faisant état d’une offre d’emploi dans une organisation de renom. Certaines de ces informations cachent une arnaque et il est important de les vérifier dans la mesure du possible avant d’envisager une quelconque candidature.

Les fausses offres d’emploi sont légion et les arnaqueurs redoublent de ruse pour appâter leurs victimes. On se sert du nom d’une grande organisation, on fait miroiter des salaires juteux pour tromper la vigilance de pauvres gens.

Si vous êtes à la recherche d’un emploi, vous êtes alors une proie pour ces pseudo-recruteurs. Ils sont à vos trousses et n’attendent que la moindre imprudence pour vous sauter dessus. Tachons de démêler le vrai du faux, la bonne graine de l’ivraie pour échapper à la cupidité de ces pseudo-employeurs qui n’ont d’yeux que pour nos poches.

Bref, vous aurez compris le mot d’ordre.

                                                                      

Tchalé*= mon gars en langue mina

 

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Eli
Je suis Roland Eli Akue, jeune juriste passionné de littérature et du social media. Ce blog se veut l'écho des réalités que je vis, de même qu'un créneau pour faire découvrir et découvrir des autres. Je vous y attends donc pour vous embarquer dans mon aventure sur Mondoblog. Alors en route!

7 réflexions au sujet de « Au Togo, les nouveaux escrocs sont de faux recruteurs »

  1. Puis vient le moment où il faut payer pour se faire former avant de prendre fonction. Ça peste l’arnaque à des kilomètres à la ronde.
    Triste vécu que celui du chômeur.

    1. L’immigration, voilà encore un autre de domaine de prédilection des nouveaux escrocs. Ça ferait d’ailleurs un sujet à part entière pour un billet.
      Merci Roger.

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