Mon cadeau de noël était à Dakar

Credit: Malick Faye

Je ne suis pas de ceux qui pensent que seuls les enfants ont droit à un cadeau pour noël. Les vieux gaillards comme moi aussi y ont droit. A vrai dire je ressens chaque expérience positive de la vie comme un cadeau du ciel et quand elle survient en décembre, comme un cadeau de noël. Je suis justement heureux d’avoir eu par anticipation mon cadeau de noël à Dakar. Il s’agit d’une aventure unique vécue au cours de la 3ème session de formation au centre régional de leadership de Dakar. Jamais je n’aurais rêvé mieux vivre ce dernier mois de l’année.

Ayant postulé il y a 3 mois à ce programme au même titre que des milliers de candidats d’Afrique de l’ouest et du centre, je me suis heureusement retrouvé dans les mailles du filet de la sélection. Dans un processus bien rodé je subis une interview par appel téléphonique avant de tomber plus tard sur un mail confirmant ma sélection pour ce programme de formation en leadership initié par Barack Obama. C’était donc parti pour une aventure palpitante, une formation oh combien intensive du 14 novembre au 16 décembre au pays de la Teranga.

Dès le jour où je débarque à Dakar une première surprise m’attendait à la résidence du CESAG où était niché notre quartier général. Il était déjà minuit et une grande partie de Dakar dormait quand je posais ma valise au centre de formation accompagné des togolais et gabonais. Le responsable de la résidence prit soin de vérifier nos noms et d’indiquer à chacun la chambre à lui réservée. Je me dirige alors vers ma chambre, cogne à la porte qu’un jeune homme tout sourire m’ouvre sur le champ. Nous passions immédiatement aux présentations et là j’étais surpris de découvrir que mon colocataire, un jeune guinéen était blogueur tout comme moi. Quel sacré hasard !

Immersion dans le laboratoire du leadership

C’était bien clair pour tout le monde. Nous n’étions pas là pour du tourisme ou une promenade de santé. Les organisateurs ont vite fait de le marteler au groupe de 95 participants issus de 16 pays d’Afrique centrale et de l’ouest que nous étions. Le programme tel que conçu était bien là pour le rappeler à quiconque l’aurait oublié. Faire confiance au process, tel était le premier des mots d’ordre. La formation devait se dérouler selon un processus logique où chacun était appelé à s’impliquer autant que possible, donner du sien pour faire le plein de nouvelles connaissances.

La première partie de la formation était consacrée au développement personnel et il fallait rapidement se mettre dans le bain. D’abord une retraite de 2 jours sur la corniche de Dakar pour méditer sur les valeurs du leadership puis une série de cours dynamiques et interactifs sur les compétences de vie. Avec d’excellents coaches chacun de nous est allé à une meilleure connaissance de lui-même, a appris à gérer les émotions, les conflits et à adopter une écoute active. La plupart sont sortis de leur zone de confort en partageant des bribes de leur histoire, en faisant des témoignages parfois émouvants.

Dans la phase finale du programme il était question de concentrer les efforts sur les projets communautaires proposés par les différents groupes de travail constitués. La tâche n’était pas aisée et l’esprit d’équipe devait dominer. Pour s’adapter  à des situations difficiles et exécuter leurs projets les groupes se sont surpassé, ont innové. Alors que le CESAG était en pleine campagne pour l’élection du président des étudiants les membres de mon groupe et moi avons réussi à organiser un débat sur la pacification des élections en Afrique qui a réuni les étudiants du CESAG et les participants de YALI. Les autres groupes ont eu aussi le mérite de mener des actions formidables : foire de promotion de produits locaux, dons d’articles scolaires, sensibilisations sur le suivi scolaire, le planning familial, la dégradation de l’environnement et j’en passe. Bref, ce programme a foisonné de belles initiatives.

                                                        Quelques groupes sur le terrain

  

 

 

 

 

J’étais particulièrement fier de partir de cette formation avec dans ma besace deux attestations, l’une pour ma participation et l’autre pour ma présentation sur l’application Hootsuite.

Une école de l’intégration africaine

« Les drapeaux de vos pays sont des symboles et non des barrières »

Nous lançait à la cérémonie de clôture M. Omar TOURE, coordonnateur du YALI Dakar.

Il avait vu juste et la vie du groupe pendant ce programme lui donnait raison. Au fil des jours des liens se sont tissé entre les participants, une famille africaine est née.

Credit: Malick Faye

Les différences culturelles se sont dissipées pour faire place à une communauté où nous partageons les mêmes problèmes, la même ambition : celle d’impacter la société. Plus on est différents, plus on apprend. Tenez ! J’ai découvert par exemple que la dot n’existe pas à Sao Tome (oui c’est en Afrique et j’envie les hommes de ce pays), que le numéro vert pour violences conjugales est la hantise des machos au Mali, qu’il n’y a plus de nouvelles écoles publiques construites au Gabon depuis bien des années et que le tchep sénégalais peut être incompatible avec le poulet.

Jamais je n’avais autant touché du doigt l’esprit d’intégration. Un esprit présent dans les soirées passées autour de verres de thé mauritanien que nous sirotions à volonté tout en savourant le son de la guitare de Samir le cap verdien. Un esprit célébré pendant la belle soirée culturelle où les délégations drapées dans leurs costumes traditionnels se succédaient au podium pour offrir ce que leur pays avait de plus beau. Je me souviens encore de ce petit monde qui clôturait en beauté le spectacle en prenant d’assaut le podium pour danser au rythme du « téré téré » du groupe Toofan.

La rencontre avec les mondoblogueurs, la cerise sur le gâteau

Je serais tenté de considérer Dakar comme la terre promise des mondoblogueurs pour avoir abrité à deux reprises la traditionnelle mondoformation et accueilli bon nombre de blogueurs de la communauté. C’est à croire que cette ville est un aimant pour les mondoblogueurs car il y en a déjà un bon nombre qui y ont fait un tour.

En tout cas j’étais comblé de rencontrer des blogueurs de cette autre famille à laquelle j’appartiens. Du bon papotage il y a eu autour de l’incontournable dibi avec Samantha et Lucrèce fraichement rentrées du sommet de Madagascar ainsi que de Roger le plus sénégalais des blogueurs togolais. A propos de ce dernier d’ailleurs je me demande bien pourquoi il n’a jamais voulu d’une carrière de lutteur malgré sa taille gargantuesque. Aux filles je suis reconnaissant de m’avoir régalé des potins de Madagascar même si je regrette d’être parti sans jamais écouter un seule phrase de slam. J’ose croire que cela est partie remise.

Toutes ces belles rencontres ont fait mon bonheur en ce mois. Mon plus cadeau de l’année était bien à Dakar où j’ai eu grâce à YALI une nouvelle famille et un esprit plus conquérant pour l’avenir. Merci à toute la session 3 de YALI. A toutes et à tous je souhaite plein succès.

Je me permets pour finir de vous laisser ici en dédicace cette chanson « tere tere » de Toofan qui m’inspire quelques souvenirs.

On est ensemble..pour touzzours ! 

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Eli
Je suis Roland Eli Akue, jeune juriste passionné de littérature et du social media. Ce blog se veut l'écho des réalités que je vis, de même qu'un créneau pour faire découvrir et découvrir des autres. Je vous y attends donc pour vous embarquer dans mon aventure sur Mondoblog. Alors en route!

16 réflexions au sujet de « Mon cadeau de noël était à Dakar »

  1. Interesting! La lecture de cet article m’a projetée au CESAG à Dakar, mais cette fois à travers tes yeux et pas uniquement mes souvenirs. Tu as raison, c’est un merveilleux cadeau de fin d’année que nous avons eu là! Thanks for this soo much inspiring & refreshing text and Merry Christmas Eli!
    Yali eeh! Yali aaah!

  2. Merci d’avoir partagé avec nous ton beau cadeau de Noël, ce fut vraiment une expérience extraordinaire et j’espère qu’un jour nous aurons l’occasion et la possibilité de se retrouver tous autour du bon thé Mauritanien, tout en écoutant Samir nous joués #PetitPays ; j’en ai presque les larmes aux yeux.
    J’ai fais un rêve et je compte bien en faire une réalité ; Aujourd’hui je suis fier de dire que j’ai une #Famille de #16Nationalités…
    #Merciii

  3. Merciiiiiii beaucoup Eli d avoir donnè de ta personne et de nous faire encore sentir ces merveilleux souvenirs avec tes yeux. Tout un plaisir de t avoir connu. Rendez vous au sommet.

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