Du meilleur et du pire de la jeunesse togolaise

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Mon blog a connu le mutisme depuis un moment. L’écho n’y a plus retenti non parce que l’envie de le porter par mes écrits avait fini de me démanger les doigts. C’est plutôt à cause de ces contraintes du travail qui vous prennent du temps au point de vous éloigner de vos autres passions. Cependant le dernier weekend qui s’est écoulé m’a tellement marqué qu’il me fallait à tout prix rompre ici un mutisme si pesant. Pour tout vous dire j’ai connu un contraste d’évènements qui m’ont semblé illustrer les deux visages que j’attribue volontiers à la jeunesse togolaise.

A la veille du weekend j’étais comme à l’accoutumée tout content de laisser derrière moi une rude semaine de travail avec la charge de stress qu’elle entraine.  Et oui ! Le weekend ça vous redonne souvent le sourire sur une mine quelque peu confite. Rapidement j’échafaude mes plans de sortie. Le samedi dernier je décidais d’assister aux joutes verbales francophones, une compétition inter-universitaire de débat sur le développement durable. 20 mars oblige! Pour cela je déclinais alors l’invitation d’un ami à une journée d’activités culturelles organisée le même jour dans une université privée.

Je me retrouvais au bout de 30 minutes de circulation dans la salle qui abritait le concours. Il fallait d’abord assister à la demi-finale qui mettait aux prises 4 équipes d’étudiants représentant chacune une université pour une place en finale. Depuis cette étape de la compétition jusqu’à la finale tout le public moi y compris se trouvait subjugué par la qualité de ces duels. Dans des débats aux allures de pugilat oratoire l’on se répondait du tac au tac et on rivalisait d’imagination pour donner la plus grande force qui soit à des tournures éloquentes et renversantes.

Le spectacle était excitant. On se croirait face à un théâtre ou un prétoire où de jeunes étudiants écrasaient l’atmosphère du poids de leur talent.

 

Le lendemain mon enchantement pour ces jeunes talentueux était terni par de tristes nouvelles qui me parvenaient via whatsapp. L’ami qui m’avait convié la veille à un spectacle dans son école me dressait un rapport assez noir de l’évènement. Les choses ont pris une tournure aberrante ce soir-là. Des étudiants ont fait étalage de leur savoir-faire en toxicomanie. Certains venus suivre le spectacle ont versé dans un important flot d’alcool et d’effluves de tabac. Autant de déviances qui ont conduit le directeur de l’université à suspendre le spectacle pour une demi-heure, interdire la vente d’alcool et conditionner l’accès à la présentation d’une carte d’étudiant. A vrai dire pour ceux qui connaissent bien les dessous de ces activités culturelles dans les établissements scolaires ces incartades sont plutôt un cas d’école. Oui on le sait bien. Ces activités dites culturelles qui sont initiées annuellement en milieu scolaire sont l’aubaine pour des égarements de tout genre.

Mais au-delà du phénomène ce qui m’a marqué c’est d’avoir eu en l’espace d’un weekend  deux illustrations du meilleur et du pire de la jeunesse togolaise.

Aujourd’hui plus que jamais la génération à laquelle j’appartiens, cette génération « whatsapp » présente bien deux facettes, l’une brillante et l’autre sombre. Il s’agit d’une jeunesse togolaise qui porte en elle une part d’insouciance et une autre part de dynamisme. Une jeunesse engagée d’un côté et une jeunesse fêtarde de l’autre. Pendant que certains cravachent pour mettre en valeur tout leur potentiel d’autres s’accommodent de la facilité et de loisirs futiles à longueur de journée. Alors que certains  sont volontiers disposés à travailler d’arrachepied pour se construire et réussir dans la vie d’autres préfèrent prendre des raccourcis absurdes pour accéder à des privilèges sans le moindre effort. C’est bien là tout le contraste de cette jeunesse que nous sommes aujourd’hui.

L’ampleur des dérives qui marquent les semaines culturelles en milieu scolaire n’est qu’un élément parmi tant d’autres qui révèlent le déficit de responsabilité d’une grande partie de la jeunesse. Il faut dire qu’ils sont malheureusement un grand nombre qui n’osent pas faire face à leurs propres défis.

Mais qu’à cela ne tienne, les brillantes prestations auxquelles j’ai assisté confirment qu’autant que l’ivraie il y a de la bonne graine qui germe. Je crois que la jeunesse togolaise n’est pas à plaindre sur toute la ligne mais elle est aussi à encourager pour tout le talent qu’elle peut receler. Pour son rayonnement une société a besoin de toute l’énergie de sa jeunesse. Elle saura la trouver chez ceux qui à l’instar des jeunes débatteurs sont conscients des enjeux pour l’avenir de leur dur labeur.

Si jeunes que nous sommes, nous devrions nous considérer comme une relève alors faisons en sorte que notre attitude soit à la hauteur de l’image dont nous nous prévalons.

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Eli
Je suis Roland Eli Akue, jeune juriste passionné de littérature et du social media. Ce blog se veut l'écho des réalités que je vis, de même qu'un créneau pour faire découvrir et découvrir des autres. Je vous y attends donc pour vous embarquer dans mon aventure sur Mondoblog. Alors en route!

2 réflexions au sujet de « Du meilleur et du pire de la jeunesse togolaise »

  1. Salut cher ami. Très intéressant ton billet. T’as décrit et tout dit concernant nous jeunes du présent. Et ce qui est et sera de notre responsabilité en tant que dirigeant de demain. Merci pour ce message.

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